1937 - 2025
Hommage à
Célestino Bisceglia
un homme rare,
au ceur"Gros comme ça" !
Célestino Bisceglia, un homme d’une simplicité extraordinaire était sans doute aussi connu par les Pontissaliens que le premier édile de leur cité, tant il avait le cœur sur la main... et l’autre main sur le cœur !
J’ai connu Célestino au moment où il cherchait de l’aide pour rédiger son histoire de vie et c’est ensemble que nous avons posé les mots de «Mon chemin... du lever du soleil jusqu’à son couchant», pour raconter son exil de son Italie bien-aimée jusqu’à Pontarlier, vite devenue sa seconde patrie. Dans ce livre rempli d’humour autant que d’amour, il disait qu’il ne disparaîtrait pas tant qu’il ferait encore une faute ! À croire qu’il a fait d’énormes progrès dans la langue de Victor H. puisqu’il n’est plus là aujourd’hui.
Comme lui, son livre n’existe plus que dans les rares 200 bibliothèques des familles ayant eu le privilège de pouvoir le lui acheter ! Mais nombreux sont encore les français et Italiens qui déplorent d’être arrivés trop tard. Lorsque je lui suggérais d’en refaire une édition pour satisfaire ses amis, toujours plus nombreux, Célestino me répondait invariablement :
- Ma non, pourquoi je ferais ça ? L’eau, elle a coulé sous le pont et mon livre, il a servi ce qu’il devait servir...
Et ce fut le cas : parce que Célestino n’œuvrait ni pour la gloire, ni pour la richesse... et encore moins pour la célébrité, fidèle à ses principes de cœur, il n’en a rien gardé pour lui. Toutes ses ventes ont servi à offrir un Noël à des enfants sans Joie. Passé le saint, passé la fête, comme on dit chez nous... et il ne voyait pas la raison d’une nouvelle édition :
- Maintenant, je suis passé à autre chose. Alors, les gens qui m’ont pas connu avant, qu'ils me prennent comme je suis maintenant. Et voilà ! Et puis, s’ils veulent le lire, qu’ils le cherchent chez ceux qui l’ont... Comme ça, ils feront des rencontres, achevait-il de son rire particulier.
Toujours souriant, toujours soucieux des autres, Célestino aimait les êtres sans se laisser interrompre dans sa sollicitude par les on-dit des bien-pensant qui auraient pu les dévaluerà ses yeux. Que ce soit à la Pétanque, dans les associations humanitaires dont le Petit Panier, qui recevait tout son soutien, ou au hasard d’une course en grande surface, d’une déambulation dans les rues de sa ville, il avait toujours un «Comment tu vas ?» ensoleillé par son sourire ravi de la rencontre, un mot d’amitié, un encouragement... et, si l’on voulait qu’il se livre, il fallait le questionner...
Alors, il racontait : ses oiseaux qui lui apportaient tant de joie au cœur et de musique à l’oreille, la nécessité de savoir toujours dire Merci à ce que nous donne la vie, ses amis de tous âges, de tous milieux, et toujours plus nombreux : ceux qu’il aidait, hébergeait parfois, pour les accompagner sur un bout de chemin en attente d’un mieux-aller pour eux, ceux qu’il accueillait à sa table en leur concoctant les meilleurs plats et qui venaient rompre, pour un instant, leur solitude vers lui, vers son oreille tendue à les écouter, et son esprit vif à les stimuler.
Il y aurait tant à dire encore, Célestino, pour raconter tout ce que vous avez offert à chacun : Votre rire un brin facétieux et votre voix chantante aux accents du soleil italien, votre regard sur la vie et vos milles manières de montrer à chacun qu'il faut encore espérer, qu'il est important pour quelqu’un...
Vous nous manquerez, Célestino. Il reste à espérer que votre cœur aura fait des émules et que d’autres prendront la relève pour suivre votre exemple et apporter à cette ville et ses habitants le sens du partage que vous y avez laissé.
Publiés en 2011, en petite édition à compte d’auteur,
et vendus au profit des “enfants sans Noël”,
tous les livres de Célestino partirent en quelques mois.
Et lui, il a continué son chemin,
continué à se distribuer alentour, avec un coeur
toujours prêt à se déverser sans compter,
à imaginer, jusqu'au bout, de nouvelles façons de semer
de faire du bien, de rendre à autrui
ce que la vie lui avait donné.
1940 - 2023
Hommage à
Gérard Louvrier,
au ceur d'éternel enfant !
Il m’aura fallu trois ans pour apprendre que M. Louvrier a suivi l’envol des oiseaux pour siffler avec eux les mélodies qu’il créait avec tant de simplicité ! ! A moins qu'il ne soit allé rejoindre son petit cireur d'étoiles...
Gérard Louvrier était surtout un client d’écriture, que j'ai beaucoup apprécié lors de nos séances de travail...
J’ai toujours dans la bibliothèque de mon bureau “Les histoires du Papy Gaby” qu’il avait inventées pour ses petits-enfants : ensemble, nous les avons étoffées, leur avons ajouté des intrigues pour en faire ce livre dont ils soient fiers.
Et j’espère qu’ils le furent car il a mis tout son amour pour eux dans ce travail.
Il avait tant à dire, tant à écrire... à chanter aussi... Chaque fois que je le voyais, il me parlait d’un projet nouveau... de
nouvelles choses qu'il voulait laisser après lui, notamment ses mille réflexions sur la vie et les humains... il me laissait l’impression d'un être qui ne vieillirait jamais, tant il avait su garder
un cœur d’enfant, capable de s’émerveiller sans cesse, d'imaginer... toujours, de rebondir... souvent !
Alors, oui... C'est très tardivement que j’écris ici... mais un client aussi convivial et enthousiaste, toujours prêt à découvrir
de nouveaux horizons, à s'inventer de nouveaux loisirs, mais aussi de nouvelles façons de faire se rencontrer ses concitoyens, humble de ne pas tout savoir mais persuadé dur comme fer de ce en quoi
il croyait... On ne l'oublie pas... et il n'est jamais trop tard pour le saluer bien bas !
M. Gérard Louvrier, votre livre me restera précieux, maintenant que jamais...
Publiés en 2012, en petite édition à compte d’auteur,
ce recueil de contes fleure bon la Franche-Comté, respire la nostalgie d'une enfance révolue et s'envole jusqu'aux étoiles pour les faire briller plus encore.